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UNE BALADE AU CONSULAT

 

 

Depuis 30 ans que je vis en Israël, j’ai dû me rendre  bien des fois dans ce lieu, qu’il  s’agisse de renouveler mon passeport, de faire enregistrer  ma nationalité israëlienne, confirmation de la nationalité française et toutes ces petites bricoles qui égaient l’existence.

 

Au départ, il s’agissait d’un lieu qui se voulait convivial ;  bien sûr beaucoup de portes automatiques vitrées  mais derrière lesquelles il y avait un homme en uniforme, souvent  âgé, qui semblait n’ouvrir la porte que pour vous et qui vous gratifiait au passage d’un sourire « made in dentier » puis après avoir reçu un petit carton numéroté, bleu, jaune, vert ou orange  qui vous donnait le droit d’attendre un certain temps avant qu’on ne vous appelle, vous entriez dans une grande salle déjà pleine de monde et dans laquelle on jacassait dans toutes les langues.

 

Les employés qui occupaient les différents bureaux vitrés installés sur les quatre côtés de la salle entraient et sortaient, qui un crayon à la main, qui un dossier sous le bras donnant l’impression de crouler sous le poids d’un travail qui n’en finirait jamais.  Enfin, venait votre tour.

 

Maintenant que je suis rentière, je dois, une fois par an  me présenter dans ce lieu idyllique pour y retirer autant de certificats de vie que j’ai de caisses (5) qui me font l’honneur de me reverser l’argent pour lequel j’ai cotisé pendant des années.

 

Mais les choses ont bien changé, car maintenant plus de pépé pour vous accueillir ; une fois que vous êtes devant la porte du consulat, vous passez de sas en sas, des voix vous disent de déposer vos affaires, de les reprendre, de vous tourner, et quand vous avez fait tout cela, dans l’ordre et au pas de charge, le sésame, venu lui de nulle part, vous ouvre  la porte de la même grande salle dans laquelle vous vous asseyez, s’il y a de la place.

 

Les mêmes employés sont encore là dans leur bureau de verre, très occupés à ne rien faire et à le faire avec application  et soudain……… on vous appelle :

 

-N° 17 !.................. (c’est moi)

 

Je rentre dans la cage de verre, une blondinette assez âgée à mine rébarbative me reçoit  et quand je lui demande cinq certificats de vie, elle commence  par refuser prétendant qu’une seule caisse m’en a fait la demande. Oui c’est vrai !  mais comme les autres ne vont pas tarder à me faire la même demande, pourquoi ne pas grouper les formulaires plutôt que de devoir  revenir 5 fois. Devant ma logique implacable, elle s’exécute assez mécontente et c’est alors que son téléphone sonne  et voici la conversation :

-………………….

-ah bonjour Yolande, comment vas-tu ?

-…………………………………

Non ! non ! ce n’est pas vrai, j’ai prévenue Monique dès que j’ai su.

-………………………………….

-Mais pourquoi dit-elle cela ?, même Michelle a entendu notre conversation, d’ailleurs.

-……………………………..

-Ecoute moi je sais que j’ai prévenu tout le monde dès que j’ai su ;

-…………………………………..

-oh tu sais, ce n’est plus ce que c’était, avant on se consultait pour les vacances, maintenant chacun fait ce qu’il veut

-…………………………………..

Oh ben lui, il est dans son petit bureau et comme tout le monde a besoin de lui………

-………………………………………….

Tu sais, le consulat est devenu un lieu dans lequel je n’ai plus envie de travailler.

 

Bon, je dois te quitter, dès que je connais la date je t’appelle. (la conversation a duré près d’ un quart d’heure et la plupart des phrases ont été répétées plusieurs fois)

 

Et pendant tout ce temps, cette femme remplissait mes documents, les tripotant, les retournant, les reprenant et moi je me disais : »ferme ta gueule mais vérifie bien quand même ce qu’elle a écrit avant de quitter les lieux ».

 

Arrivé au troisième document, elle décide de téléphoner.

 

Je ne vais pas vous faire le coup de la répète mais elle recommence avec une nouvelle personne ce qu’elle a déjà fait avec la première et cela dure très longtemps.

 

Enfin munie de ma paperasse, je suis sortie de là en me réconfortant comme j’ai pu car si tout va bien, j’en ai pour un an avant d’y remettre les pieds.

 

 




13/08/2012
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