animaux, humour,histoire,mystique,poèmes,contes,bric à brac

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UNE VIE DE FEMME - 7 ème partie

 

 

 

 

 Je ne raconte pas cet épisode à Guy et cela déstabilise encore plus la situation déjà bien branlante. Chez nous, c’est devenu la maison de la méfiance, méfiance de Guy envers moi et inversement, méfiance de David envers nous ; que construire, que réparer dans un tel climat ?

Tout le temps que je travaillais, je ramenais un salaire à la maison et même s’il était inférieur à celui de mon mari c’était quand même un salaire.

 

Maintenant seul Guy travaille et il sait bien me le faire sentir ; lorsque par hasard il regarde le livre de compte et qu’il y a de l’argent, il jubile et me dit : « grâce à moi, vous vivez bien » et lorsque le compte est vide car tous les paiements ont été débités, j’entends « avec ce que je rapporte à la maison, tu n’es même pas capable de faire un peu d’économie » enfin la cerise sur le gâteau : Il lui arrive parfois de diner en ville avec des clients, comme il ne me prévient jamais, lorsque il rentre à la maison, tard et imbibé, il ne touche pas au repas ; par contre il arrive, à l’inverse, qu’il rentre à l’heure, affamé, et manque de chance pour moi, c’est la fin du mois et le repas est maigre. Là encore, je suis la dernière des dernières.

 

Alors petit à petit et sans m’en rendre compte, je vais sombrer dans une espèce de dépression, assez peu visible, surtout pour ceux qui ne veulent pas la voir.

 

Les mois ont passé, Alexandre dit » Bichon » a deux ans, A son travail Guy plafonne et il veut changer de boite. Un concessionnaire qu’il connaît bien désire ouvrir une succursale dans la Région de Nantes et en propose la direction à Guy dont il connaît les qualités professionnelles. Le temps de régler les petits problèmes d’intendance et nous arrivons à Orvault, banlieue de Nantes dans un petit pavillon qu’il va falloir rafraichir.

Tout le temps que mon mari est occupé à peindre, tapisser rafistoler, il n’a pas le temps de s’en prendre à moi, à nous, et les choses se passent assez bien. L’école de David est tout près de la maison et il semble s’y plaire.

Lorsque je rencontre la maitresse de mon fils, je sens qu’elle est assez remontée après moi, en effet c’est elle qui découvre que David est dyslexique et elle ne comprend pas pourquoi je n’ai rien fait jusqu’à présent et quand je lui dis qu’aucune maitresse ne m’a parlé de ce problème que d’ailleurs je ne connais pas, elle ne me croit pas, mais me conseille de faire les démarches auprès de la Sécurité sociale pour obtenir l’autorisation de donner à l’enfant des leçons d’orthophonie.

 

C’est aussi l’époque du « tiers temps » méthode moderne d’apprentissage qui consiste à consacré 1/3 du temps passé à l’école et choisissant un sujet (des vacances par exemple) qui fera l’objet d’une conférence faite par l’élève qui apportera le sujet, après quoi, tout ce qui sera étudié durant la semaine sera basé sur le sujet exemple : géographie : l’endroit ou se passe les vacances, dictée : sur le même sujet. Mathématiques :  la donnée du problème basée sur l’histoire racontée.

 

Quelques années avant, j’ai fait un voyage en Israël et j’ai rapporté  des diapos de tout mon périple. David qui est oralement très brillant, me demande de l’aider à faire un exposé sur mon voyage comme si c’était lui qui l’avait fait et j’accepte avec plaisir. Nous allons passer des bonnes soirées à visionner les diapos, à commenter les images et c’est fin prêt que l’enfant emporte les photos à l’école et les remet à la maitresse.

 

Quand je repense à toute l’histoire de notre famille, je me rends compte que très souvent, le sort a joué contre nous à maintes reprises, c’est ce qui va se produire une fois de plus.

 

 L’exposé est prévu pour le mercredi de la semaine suivante mais le lundi, certaines classes sont invitées par la mairie à une séance de cinéma dont le sujet est « les glaciers » A cause de ce fait imprévu, la maitresse va différer l’exposé de David le reportant à la semaine suivante.

Lorsqu’enfin le jour de gloire de David arrive et que la maitresse veut sortir les diapositives de son armoire…… elles ont disparu.

 

Affolement de l’institutrice, elle questionne les élèves, personne n’a rien fait, rien vu,  rien entendu. Lorsqu’elle vient chez moi et me raconte ce qui se passe je lui dis sans réfléchir : « c’est David » elle me regarde ahurie, me dévisage et me crie au visage : « quelle mère êtes-vous donc pour accuser ainsi votre fils sans preuve ? » et je ne peux rien lui répondre car je ne sais pas pourquoi j’ai dit cela, je sais seulement que c’est vrai. Elle repart de chez moi très en colère.

 

Néanmoins, elle poursuit son enquête auprès de sa classe, demande à chaque élève de vider son sac sur son bureau et elle regarde et fouille dans les trésors ainsi éparpillés sur les tables dont une grande partie tombe par terre, très vite s’ensuit une affreuse pagaille. Elle me racontera plus tard, lorsque je lui demanderai quelle était l’attitude de David, qu’il était très calme, qu’il avait tout déballé le premier et qu’il se tenait bien droit à sa place, les bras croisés  sur sa poitrine et…. attendait.

 

Ayant fait chou blanc elle revient me voir très embêtée mais moins en colère contre moi, c’est alors que je lui demande quelle était l’attitude de David.  Enfin, je vais pouvoir raconter à quelqu’un, qui va m’écouter, qui est David, ses problèmes (dont je ne comprends pas l’origine bien sûr) Si j’ai accusé David, c’est parce que je sais, bien qu’il ne m’en ait rien dit, qu’il a été très déçu de ne pas faire son exposé et qu’il a, selon sa bonne habitude, vu dans ce retard  qu’on voulait l’empêcher de briller.

 

 Nous décidons, la maitresse et moi de tendre un piège à David : En classe elle dira à tous ses élèves que puisque que quelqu’un a volé les photos mais que le coupable ne s’est pas dénoncé, chaque élève va écrire sur un papier la phrase suivant : » je n’ai pas pris les diapos de David », lui remettre les petits mots qu’elle transmettra à un de ses amis qui est graphologue et lui, après examen trouvera le coupable.

 

Ce soir là quand David rentre de l’école, il me demande d’un air de ne pas y toucher :

« Qu’est-ce que c’est qu’un graphologue « ? – je lui réponds –il continue

« et ça ne se trompe jamais un graphologue ? » - je lui dis non.

Et l’entretien s’arrête là et tout à coup il éclate en sanglot : 

« c’est moi maman qui les ai jetées » -

« Mais pourquoi » ?

 « Parce que j’ai voulu punir la maitresse d’avoir préféré les glaciers à mon exposé et j’ai pensé eh bien puisque c’est ça ! personne ne les verra  les photos et je les ai jetées dans l’égout ».

 

David est né en étant presque parfait, marchant très tôt, parlant très bien dès le plus jeune âge, il a toujours brillé durant ses 4 premières années et puis, les avantages qu’il a reçus à la naissance vont s’arrêter de progresser, puis stagner, puis régresser pendant que ses petits copains eux, font des efforts pour avancer ce que David ne sait pas faire puisqu’il a tout reçu en cadeau (empoisonné) à la naissance.

 

Lorsque qu’il se trouvera confronter aux autres, au lieu de faire un effort pour se prouver à lui même qu’il en est capable, il lève les bras, ses copains se moquent et il s’enfonce dans le mensonge racontant à ceux qui n’ont rien vu que dans telle course il est arrivé le premier etc… et il a un tel visage d’ange que tout le monde le croit.

 

N’étant jamais puni, il se perfectionne dans l’art du mensonge et de la dissimulation

 

 

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07/09/2012
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